Chiapas suite, du 18 au 23 décembre

Mardi 19 décembre, Cascadas d’El Chiflón

Laurent part avec Ysée et Mathieu voir les cascades. Matinée de travail bien productive pour Flora : il n’y a vraiment pas mieux que d’être installés dans un joli coin au calme pour bien étudier. Pendant ce temps, je range, cuisine, prépare un pain pour ce soir. Je n’ai pas encore parlé ici du levain voyageur ? Quand on voyage en Amérique du Nord, arrive un moment où on n’en peut plus du pain-de-mie-pas-bon ! Et ça ne s’arrange pas au Mexique, le pain Bimbo nous sort par les yeux 😉 . Si à la maison je fais du pain (avec l’aide précieuse de mon thermomix, j’avoue tout ) , je n’en avais jamais fait en voyage. Mais grâce à la communauté des voyageurs, nous allons pouvoir manger de nouveau du bon pain maison ! L’an dernier, Sandra (des Vague au vent) a fait du levain, et l’a partagé avec les familles rencontrées. Depuis, de camping-cars en camping-cars (ou autres véhicules 😉 ), il se transmet pour le plus grand bonheur de nos papilles françaises. C’est Angélique, Escapade en famille, qui me l’a donné, avec tous les bons conseils qui vont avec, et depuis nous mangeons du bon pain presque tous les jours (le plus souvent fait par Flora 😉 ).

Je nettoie mon plat à un robinet pas loin quand un mexicain qui travaille sur le site vient me voir pour parler, il est curieux de notre véhicule et du voyage. C’est drôle comme avec certaines personnes, les conversations sont intelligibles : je comprends ce qu’il me dit, et j’arrive à parler avec lui ; alors qu’avec d’autres, rien à faire, on ne comprend rien. Il est très sympa, c’est intéressant de discuter avec quelqu’un du coin. Il a passé 4 ans à travailler comme un fou aux USA, illégalement, et il a essayé d’apprendre un peu l’anglais, mais sans trop de succès. Nous parlons un peu des rapports USA-Mexique, de la réputation de dangerosité de son pays, et du Chiapas en particulier puisque nous y sommes, et il me dit que la région n’est pas dangereuse du tout, que les gens sont très serviables et aimables avec les étrangers ; c’est vrai que depuis que nous sommes dans cet état, nous trouvons les gens particulièrement souriants et accueillants. Je suis étonnée par son racisme, il me parle des noirs américains, me disant qu’ils ne veulent pas travailler, qu’ils ne sont pas sympas et même très racistes envers les blancs et les mexicains…

Laurent et les enfants reviennent des cascades, nous décidons de déjeuner et de repartir juste après : pas envie de repayer ce soir (et de se reprendre la tête avec le mec qui prend l’argent). Au passage, nous ne pensions pas payer aussi souvent pour les nuits : depuis que nous sommes sur le continent, rares sont les fois où nous n’avons pas à payer ; la plupart du temps, nous payons l’entrée sur un site et un supplément pour y passer la nuit, ou des campings (mexicains hein, pas les trucs américains) ; de temps en temps, nous dormons en ville (ce qui ne nous dérange pas, en général au contraire nous profitons de passer la fin de journée dans le centre-ville, nous aimons bien), une fois dans un Pemex, et dans quelques lieux nous avons trouvé des points gratuits.

En route vers les Lagunas de Montebello !

Arrivée sous temps maussade : ça doit être très beau, mais sûrement + sous le soleil. Nous allons vers le point iOverlander peu cher, petit parking devant un restaurant, qui s’avèrera gratuit si on y mange. Petite promenade le long du lac (avec les blousons, il bruine), resto (pas très bon) et dodo ! Il y a du wifi au restaurant, nous allons mettre en ligne quelques articles (depuis début novembre, il était temps !)

Mercredi 20 décembre, Lagunas de Montebello

Travail le matin et décoration de noël du camping-car : les enfants font des dessins à accrocher (placards, murs) et des découpages (pour les fenêtres). Des enfants rôdent autour du camping-car, intrigués, Ysée va leur donner quelques peluches. Petite balade en début d’après-midi pour trouver éventuellement un meilleur bivouac pour ce soir avec les nomad. Une éclaircie, du ciel bleu, et la couleur du lac change totalement : c’est bien plus beau avec le beau temps !

Arrivée des Nomad, on fait un tour avec les enfants, Laurent et Alex vont aller jusqu’au Guatemala et reviendront très fiers d’y avoir mis les pieds 😉 . Nous restons sur le parking et retournons au restaurant (qui n’est pas meilleur que la veille 😉 ).

Jeudi 21 décembre, Las Guacamayas

Direction les ruines de Yaxchilan, nous reprenons la route qui fait la « boucle du chiapas » et décidons avec les Nomads de nous arrêter à mi-chemin pour la nuit dans le village de Las Guacamayas.

Dès la sortie du village, nous perdons de vue le Land des Nomad, et nous ne saurons pas de tout le trajet s’ils sont devant ou derrière nous. En chemin, une portion de route en travaux, une petite déviation bien boueuse avec une grosse montée, et nous voilà bloqués au fond du trou en mauvaise posture. Un pick-up nous tirera de là, grâce à notre corde bleue (merci Alexis ! 😊) et avec l’aide des ouvriers qui viennent pousser le camping-car (je ne suis pas sûre qu’ils auraient pu faire grand-chose face aux 4 tonnes du véhicule, mais ils avaient envie d’aider). On aura bloqué la route dans les 2 sens un petit moment… Nous apprendrons le soir même qu’Alex et Manue, se doutant que le passage serait difficile pour nous, avaient fait une longue pause pour nous attendre 😉 .

Les routes du Chiapas sont en très mauvais état : chaussées déformées, nids de poule, topes non signalés, pans entiers de la route effondrée… Il faut être vigilant ! Et avoir fait le plein d’essence : ici, pas de station-service, mais une multitude de présentoirs de fortune, souvent devant les habitations, où sont vendus des bidons d’essence. Pemex la géante (grand groupe pétrolier d’état en situation de quasi-monopole dans ce pays) n’aurait pas osé s’installer en ces terres d’agitation sociale ? Nous avons bien ri en voyant un petit panneau Pemex fait-main devant cette échoppe de fortune 😉 .

Nous arrivons au village de Las Guacamayas et commençons à rechercher le bivouac du soir et les nomads : nous ne savons toujours pas qui est devant l’autre… Pas de nomad et aucun point satisfaisant, nous décidons de déjeuner au bord de la route en attendant qu’ils arrivent. Peu de temps après, on finit par les voir arriver. Ils étaient finalement sortis de Montebello avant nous et s’étaient arrêtés en route pensant que nous allions les voir. En allant vers l’emplacement trouvé pour la nuit, une branche basse arrache le lanterneau de la cuisine resté ouvert… Je vous laisse imaginer l’ambiance (et les gros mots proférés !) 😉 . Nous trouvons à stationner sur un beau terrain, avec des singes araignées par loin. Jeux, cuisine, papotages, promenade, fin de journée paisible au bord du fleuve Rio Lacantún.

Vendredi 22 décembre

Après une petite hésitation à rester ici (beau terrain, sanitaires, tous seuls, pas cher, 50 pesos/nuit), nous décidons de repartir pour Yaxchilán : il reste peu de jours avant le 30 décembre et beaucoup de route pour atteindre le secteur où devraient se retrouver les familles voyageuses.

Nous sommes dans la région des indiens Lacandons, dont il ne reste plus beaucoup de représentants. Population particulièrement pauvre, comme nous pouvons le constater en traversant ces villages isolés, où il n’y a rien, constitués des cabanes de bois, traditionnelles ou dont les murs sont bricolés avec des planches disjointes de bois mal dégrossi. Pas le même monde que ce que nous avions vu jusqu’à présent….

Route pénible, nous mettons plusieurs heures pour parcourir peu de kilomètres au final et arriver sur le parking de Frontera Corozal, la ville qui permet de rejoindre les ruines de Yaxchilán. Les enfants n’ayant pas travaillé le matin, ils s’y mettent l’après-midi, pendant que je prépare le pain. Plusieurs enfants viennent nous voir, pour nous vendre des choses ou juste nous demander des pièces : difficile de voir travailler des enfants de l’âge des nôtres … Pendant ce temps, Laurent va à la recherche d’une lancha (barque, ici à moteur) pour aller sur le site le lendemain : Yaxchilán est en effet un site maya totalement perdu dans la jungle, uniquement accessible par voie fluviale (Rio Usumacinta qui borde le Guatemala). Il nous trouve un bon prix auprès d’un hôtel, 1 100 pesos pour les 2 familles, avec stationnement à l’hôtel (et usage des douches, toilettes et Wi-Fi, youpi).

Manue et moi allons faire une petite balade, et nous apercevons un camping-car français ! C’est la famille Debs Around the World, nous passerons la soirée avec eux.

Samedi 23 décembre

Lever bien matinal pour prendre la lancha à 7h30. Notre batelier ne perd pas de temps, moteur à fond, il nous faut à peine 1/2h pour arriver. Malgré le bruit du moteur, la balade est déjà bien agréable ; nous sommes donc sur le fleuve frontière entre le Mexique et le Guatemala, c’est amusant d’observer l’autre rive et de se dire que dans quelques semaines nous serons dans l’autre pays 😉.

Nous sommes les premiers sur le site, avant même les guides ! Les lieux sont déserts, à nous 😊. Et c’est tout de suite tellement plus sympa ! Yaxchilán est vraiment un site à part, unique : on s’y plaît autant pour l’immersion dans la nature que pour les ruines qu’on y trouve, avec en bande sonore les cris (indescriptibles et passablement terrifiants) des singes hurleurs.

Seule contrainte désagréable : le temps imparti par les bateliers, seulement deux heures (ce qui leur laisse certainement le temps de faire un autre aller-retour pour prendre d’autres clients…). Du coup, si la première heure on profite sans trop réfléchir, on passe la seconde avec toujours un œil sur la montre, d’autant plus que nous n’avons pas de plan des lieux et ne savons donc pas ce qu’il nous reste à voir et si nous sommes loin de l’embarcadère.

Nous avons très peu d’indications sur les ruines en elles-mêmes, mais nous apprécions beaucoup de pouvoir les parcourir en toute liberté ; une bonne partie de l’ancienne cité reste ensevelie, c’est amusant d’imaginer ce qui se trouve encore sous la végétation. Végétation si luxuriante, si extraordinaire, avec ses arbres aux racines dingues, aux lianes dans tous les sens. Après avoir admirer la grande acropole, nous finissons notre visite par la place principale, impressionnante de grandeur, puis En tout cas, grâce à cette ambiance unique, ça reste un de nos sites préférés à ce jour.

Il n’est pas midi quand nous revenons aux véhicules, et nous décidons de partir directement vers Palenque ; plusieurs raisons à cela, la plus importante pour nous étant la nécessité de faire retirer les points de suture de Mathieu (et nous sommes déjà samedi, je crains que tout soit fermé dimanche et lundi pour noël) (en fait, nous sommes au Mexique, tout reste ouvert même les jours fériés)). Nous voulions visiter Bonampak, tout près d’ici : c’est l’unique site préhispanique dans lequel on peut voir des peintures murales, très bien conservées, dans 3 petites salles. Mais l’accès est assez restreint, et plutôt cher pour une famille : il faut payer l’accès à la zone, puis prendre une navette obligatoire très chère, puis l’accès au site en lui-même. Et cette façon de faire payer, en plusieurs fois pour différentes raisons plus ou moins acceptables, commence à nous fatiguer ; c’est souvent le cas au Chiapas, et nous en avons assez, nous ne nous arrêterons plus sur aucun site avant Palenque.

Arrivés à Palenque en fin de journée, gros plein de courses puis nous laissons partir en éclaireurs les Nomad, vers l’un des lieux de bivouacs choisis, et nous partons à la recherche d’un médecin pour faire retirer les points. Je ne rentrerai pas dans les détails, sous peine de faire l’article le plus long (et le plus chiant) de ce blog, mais alors quel parcours du combattant ! On se fait balader d’un endroit à un autre, personne ne veut/peut le faire, ou pas avant mardi, ou pas avant le 8 janvier. Et comme toujours, plein de bonne volonté, ils nous envoient dans tous les sens, mais jamais où il faut… Bref, par je ne sais quel miracle, un médecin sort d’un bureau, dans un centre de santé, et accepte de s’en occuper : ouf, une bonne chose de faite !

Je retrouve Laurent et les filles au camping-car, nous avons reçu un message d’Audrey, de la Family Coste, qui nous indique où les retrouver : les Nomad sont tombés sur eux par hasard, dans un camping qui s’avèrera être si bien que nous y resterons non seulement pour noël mais jusqu’au 2 janvier !

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